Le collectif trouve «très difficile» de distribuer les repas alors que les migrants sont «plus de 700 en ce moment» et que le nombre de bénévoles n'a pas augmenté. Les bénévoles du C'Sur réclamaient une aide du personnel municipal, ce que la maire de Calais a refusé. «Nous ne voulons pas être l'objet de chantage», a lancé Natacha Bouchart le 13 novembre, après le Conseil des migrants qui réunit municipalité et bénévoles. Elle a quand même ajouté que «les repas seront distribués», sans préciser comment, ni par qui. «Il y a des associations prêtes à prendre le relais».
Réponse, hier soir, de C'Sur : «Il y a une opportunité que nous soyons remplacés, nous la saisissons donc». Le collectif prolonge les repas du midi jusqu'au 30 novembre, «afin de donner à Madame le Maire le temps d'organiser la relève». Les douches s'arrêtent aussi, «pas envisageables dans des conditions acceptables si les migrants ne bénéficiaient pas de repas». Les quatre douches -pour quelque 700 personnes- reprendront avec le repas.
«Nous continuons en revanche les vestiaires, et bien sûr toutes les autres tâches militantes liées aux migrants que nous avions parfois dû négliger faute de temps», comme l'information et l'accompagnement juridique. Le collectif pense que cette décision «pas facile à prendre» peut «être l'occasion d'une avancée dans la prise en charge humanitaire des migrants». L'abbé Boutoille, porte-parole du collectif, disait à LibéLille le 7 novembre : «Nous ne serons prêts à reprendre notre aide que lorsque nous sentirons une vraie bonne volonté du côté politique, ce que nous n'avons jamais ressenti.» Selon la Voix du Nord, la maire de Calais, Natacha Bouchart (UMP) demande au Conseil Régional de couper la subvention de 22.000 euros par an du collectif.
Haydée Sabéran
Photo Aimée Thirion



Branle-bas de combat, ce jeudi en début d'après-midi, au Palais de Justice où un visiteur
important était attendu. Jean-Marie Le Pen en personne apparaissait, entrant par une porte dérobée, et, prestement, s'orientant vers les ascenseurs centraux. Le vieux leader de l'extrème-droite,
entouré de trois gardes du corps impressionnants, se dirigeait illico vers le bureau de la juge d'instruction Claire Le Bonnois. Jean-Marie Le Pen était entendu, comme simple témoin, dans une
affaire qui a démarré à Lille mais qui concerne maintenant plusieurs zones géographiques du Front National. A Lille, c'est Eric Portejoie, éphémère candidat du F.N. à Lille-Est lors d'une
cantonale, qui met le feu aux poudres. Le candidat, qui a donné rapidement sa démission du F.N., s'aperçoit, après les cantonales de 2004, qu'on lui a fait signer des documents de remboursement de
frais électoraux bidons. En fait, c 'est l'Etat la victime puisque les contribuables, selon les résultats, remboursent des frais électoraux. Il suffit donc de gonfler des factures, ou d'imputer à
un canton des dépenses qui ne le concernent en rien, pour obtenir de meilleurs remboursements. Eric Portejoie, qui ne veut pas couvrir ces magouilles, dénonce les faits avec l'aide de son avocat,
Me Tayeb Ismi. Philippe Bernard, ex-leader du Front National à Lille, a été mis en examen pour «escroquerie en bande organisée au préjudice de l'Etat». Des perquisitions ont été opérées notamment à
Roubaix et dans le Massif Central. Jean-Marie Le Pen, reparti dans la soirée, était donc entendu en tant que témoin. N'oublions pas que, dans cette histoire, le Front National est victime et s'est
constitué "partie civile" avec l'aval de la Cour d'Appel.